Le
FCtempete.com vous propose l'interview du sélectionneur
national, Wagneau Eloi accordé à FIFA.com
à quelques jours de la première manche de la double
confrontation entre Haïti et les Antilles-Néherlandaises
comptant pour le deuxième tour des éliminatoires
du mondial sud africain de 2010.
Eloi
croit en son Haïti
Deux
fois champion de France (1998 avec le RC Lens et 2000 avec l'AS
Monaco), champion du monde militaire avec la France (1995) et
même deuxième meilleur buteur du championnat de
Belgique (au KSV Roulers en 2006), Wagneau Eloi a connu près
de quinze années d'une carrière bien remplie.
Mais à peine les crampons raccrochés, alors que
beaucoup coulent une retraite dorée, l'enfant de Port-au-Prince
a immédiatement voulu se mettre au service de son île,
Haïti.
Nommé
sélectionneur national le 8 avril dernier, le voici face
à un défi de taille : marcher sur les traces des
héros de 1974, qualifiés pour la Coupe du Monde
de la FIFA disputée en Allemagne.
"A
force de travail, je sais que nous pouvons y arriver",
a-t-il confié en exclusivité à FIFA.com.
"Dans le pays, peu de gens croient en nos chances. C'est
à nous de leur donner tort. Le tirage au sort nous a
été plutôt favorable. Il faut en profiter.
Croire en soi permet toujours de se surpasser".
J'ai
conscience des qualités de mes joueurs. Maintenant c'est
à eux de s'en persuader. Crageant de les voir manquer
de foi.
Wagneau
Eloi, nouveau sélectionneur d'Haïti
La
confiance est d'ailleurs le leitmotiv de l'ancien avant-centre.
" J'ai conscience des qualités de mes joueurs. Maintenant
c'est à eux de s'en persuader. C'est rageant de les voir
manquer de foi". A titre d'exemple, il cite le dernier
match amical face au Guatemala. Le 23 avril dernier, Haïti
s'était incliné 0:1 devant l'une des places fortes
de la Zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes.
"Avec
une équipe composée uniquement de joueurs locaux,
j'ai pu évaluer nos forces et faiblesses. Il ne nous
a pas manqué grand chose pour obtenir un meilleur résultat.
Mes joueurs ne doivent avoir peur de personne".
Du
retard à rattraper
Eloi gère sa sélection comme un club, avec un
entraînement presque quotidien. "Je ne les mets à
la disposition de leur équipe que le vendredi. Nous avons
accumulé beaucoup de trop de retard pour pouvoir nous
préparer d'un match à l'autre. Il faut faire de
gros efforts et seulement après, nous pourrons lâcher
du leste".
Ainsi,
les Haïtiens espèrent atteindre le meilleur d'eux-mêmes
à la mi-juin, pour le début des éliminatoires
pour Afrique du Sud 2010.
"Notre
préparation est calée sur une participation au
tour suivant. C'est un travail sur le long terme. Mais il faut
d'abord se concentrer sur cette confrontation face aux Antilles
néerlandaises. Nous serons favoris mais j'ai observé
cette équipe face au Nicaragua, il ne faudra pas la prendre
de haut. Nos conditions de préparation ne sont pas idéales
alors si écart il y a entre les deux équipes,
il pourrait se réduire".
Le
nouveau sélectionneur défini donc les axe de travail.
"Notre pays dispose de peu de moyens, il manque presque
tout. Ce n'est pas idéal pour les footballeurs. Je cherche
donc à faire comprendre à mes joueurs qu'ils doivent
partir le plus loin possible pour s'aguerrir. Il faut s'éloigner
du contexte pour bénéficier d'un peu plus de sérénité.
Ils se sous-estiment. Pourtant le talent est là. J'ai
également un autre souci : ils manquent de rigueur. Je
veux leur faire comprendre que si le football est une passion,
si jouer est un plaisir, ils pourraient aussi en faire leur
métier. Mais pour cela, il faut souffrir et saisir sa
chance".
Ils
comprennent que lorsque je prends la parole, c'est mon expérience
qui parle. Mais ils savent aussi que s'ils démarrent
de zéro en tant que joueurs, j'en fais de même
dans mon rôle d'entraîneur. Nous allons donc grandir
ensemble. Nous avons à apprendre les uns des autres.
Le challenge est intéressant et c'est très valorisant
de s'investir.
Wagneau
Eloi à propos de la relation avec ses joueurs
Ses
états de service en tant que joueur parlent pour le nouvel
homme fort du football haïtien. Il sait ce qu'est l'exigence
du haut niveau et tente de le transmettre à ses joueurs."
Ils comprennent que lorsque je prends la parole, c'est mon expérience
qui parle. Mais ils savent aussi que s'ils démarrent
de zéro en tant que joueurs, j'en fais de même
dans mon rôle d'entraîneur. Nous allons donc grandir
ensemble. Nous avons à apprendre les uns des autres.
Le challenge est intéressant et c'est très valorisant
de s'investir".
Reste
maintenant à obtenir des résultats. Mais là
encore, Wagneau Eloi ne semble pas douter un seul instant. "Il
faut sensibiliser l'opinion publique pour que tout le monde
soit dernière nous. Nous ferons un beau parcours, je
vous le promets !"